Chronique : Florent Marchet nous emmène à Courchevel
Le chanteur sort "Courchevel", un troisième opus abouti et mûr. On est conquis !
Que ceux qui pensent que la chanson française est complaisante, réaliste et bourgeoise, simpliste et molle, revoient leurs préjugés en prenant la piste de « Courchevel », le troisième album de Florent Marchet, nouveau venu dans la communauté française de la chanson à textes à tendance pop. Car si la pochette de l’album -indéniablement second degré- nous montre un Florent Marchet moustachu, gilet sans manche sur chemise blanche, la guitare sur les genoux au coin du feu, assis sur une peau d’ours en guise de tapis, son opus n’est pas pour autant intimiste, bourge et pantouflard. Oh que non ! Chaque titre est une petite histoire écrite avec soin, aux mélodies engageantes et aux arrangements très appropriés, vitaminés de touches électro, aux invités de marque aussi. Jane Birkin chante en duo sur le bouleversant « Roissy » (en écho au déchirant « Orly » de Jacques Brel ?), les guitares expérimentées de Remi Alexandre (de Syd Matters) et de Seb Martel sont de la partie, ainsi que les rythmiques percutantes du malien Mamadou Prince Koné. Le tout est un album mâtiné de mélancolie et d’ironie mêlées mais dynamique musicalement, comme un chapelet de cartes postales de vacances ou de pastilles cinématographiques de souvenirs datés. On y croise pas mal de chœurs et de cuivres, une réelle richesse instrumentale qui lui donne une profondeur de champ, une amplitude enveloppante. Et croyez-moi ou pas, certaines chansons sont carrément dance-floor ! Une petite pépite cet album, on vous dit !
Par Marie Plantin
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