ON Y ETAIT - Naive New Beaters à l'assaut de l'Elysée Montmartre
Julot Bandit
Pour le concert de lancement de son premier album intitulé Wallace, le trio parisien Naive New Beaters se produisait hier soir dans la capitale, à l'Élysée-Montmartre, pour transformer la salle en véritable piste de danse. Un pari réussi haut la main.
En ouverture, la pop rythmée de PacoVolume puis l'électro-rock typée new-wave de Fortune chauffent relativement bien la salle avant l'arrivée des Naive New Beaters. Heureusement que ces deux formations étaient là pour tâter le terrain car il fallait plutôt être en forme ce soir pour se préparer au déluge sonore des trois trublions parisiens.
Lorsque David Boring, le chanteur américain des Naive New Beaters, le guitariste Martin Luther BB King et Eurobelix aux machines (des pseudonymes qui en disent long sur le second degré du groupe) investissent la scène, on sait d'emblée que le concert va être sacrément comique : campé d'un jeans bleu flashy et d'un pull seventies jaune tape à l'oeil, le chanteur se figure tel un maître d'orchestre prêt à faire son cirque alors que ses deux acolytes, munis d'un attirail vestimentaire sentant les années disco à trois kilomètres, lancent le rythme.
L'accroche est immédiate dans la salle. Ça saute, ça bouge, ça boit, ça déconne, ça sent la vie à plein nez ! Pendant près d'une heure et quart, le trio - au carrefour des genres et des époques - diffuse dans la salle (blindée) sa jovialité, son esprit de franche camaraderie et sa musique, délicieusement décalée, flirtant entre le ridicule et la parodie avec la plus grande efficacité du monde. Le résultat est simplement torride : visuellement cadencé de chorégraphies drolatiques que n'auraient sans doute pas renié les boys bands des années 1990, le show du groupe convoque tour à tour l'esprit festif de Patrick Sébastien, la fougue fédératrice des Beastie Boys (sur Janeiro) couplé à des refrains rock irrésistibles (sur Boring David), l'énergie électronique et dansante d'un Vitalic ou d'un Justice, l'électricité accrocheuse d'un Guns N' Roses (The Last Badaboum) ou d'un Bloodhoung Gang (Get Love).
Sur scène, il ne se passe pas une seconde sans que notre oeil soit attiré par quelque chose : une machine à bulles, des lasers verts prolongeant leur trajectoire dans la foule comme pour mieux plonger celle-ci dans une ambiance orgiaque de boîte de nuit, des lumières, des rideaux en guise de décor, etc.
Quand John Coltrave débarque sur scène au saxophone, la fête bat alors son plein. Si sur disque Wow Now, Can't Choose ou L.A. Trumpets sont déjà de grands tubes, sur scène ils sont magistraux. Imaginez le groupe nourri à l'électro des années 1980, à l'imagerie du hip-hop des années 1990 et à la mode rock à paillettes des années 2000, rajoutez un tempérament diabolique, et vous obtiendrez un fidèle aperçu de ce que peuvent représenter les Naive New Beaters quand ils se donnent en spectacle. C'est du lourd !
Par Emeline Marceau
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