ON Y ETAIT - Raphael Saadiq au Grand Rex

2009-10-12T20:01:00+0200
|
 ON Y ETAIT - Raphael Saadiq au Grand Rex

Triple défi la semaine dernière pour Raphael Saadiq qui se produisait au Grand Rex à Paris.


Le premier, et pas des moindres, communiquer le groove avec un grand G à 2000 personnes... assises… dans une salle dite « de cinéma »… un soir de semaine.

Le second, puisque depuis The Way I See It il affectionne le look 100% rétro, avoir l’air aussi cool en costard-cravate façon sixties, qu’en jean et marcel blanc.

Le dernier enfin, réussir à balancer du Lucy Pearl ou d’anciens titres de ses albums Instant Vintage ou Ray Ray, sans perdre en route un public parisien qui, pour beaucoup, l’a découvert grâce à son dernier album.


Pour ce qui est du premier défi, on n’a pas eu à s’inquiéter bien longtemps. Alors que les musiciens sont déjà sur scène entamant les premières notes de 100 Yard Dash, Raphael Saadiq fait son entrée et s’apprête à lancer un traditionnel « Bonjour Pawwwwwis ». Avant même qu’il n’ait saisi le micro, tout le monde a déjà lâché son pop-corn et s’est levé pour l’acclamer. Efforts nécessaires à Mister Saadiq pour chauffer la salle du Grand Rex : zéro. Et plus un cul sur une chaise de tout le concert.


Passons maintenant au « cas pingouin » ou comment, quand on chante au XXIème siècle et qu’on ne s’appelle pas Smokey Robinson, avoir l’air funky en costard cravate ceinturé au dessus du nombril. Le secret m’sieurs dames, c’est sûr, réside dans le total look et les chorégraphies. Côté look, on opte pour l’uniforme : musiciens ou choristes, le mot d’ordre est donné, c’est cravate et noir&blanc ou rien. Côté chorégraphies, on opte pour un retour aux classiques. Menée par une choriste montée sur ressorts, la team Saadiq nous ramène en deux coups de déhanchés à l’époque où l’on ne jurait que par le twist ou le charleston. C’est parfaitement synchronisé, groovy à souhait et terriblement contagieux. Au premier rappel, Saadiq s’échappe et revient sur scène avec une version crème dudit costard… Effet rétro décuplé, hystérie collective assurée.


Dernier défi, rappeler au public parisien qu’il y a bien une vie avant The Way I See It et son virage sixties. On commence facile, un peu de Lucy Pearl, Dance Tonight puis Don’t Mess With My Man, gros succès de l'année 2000 au sein du groupe qu’il a initialement formé avec Dawn Robinson (la chanteuse d’En Vogue) et Ali Shaheed Muhammad (A Tribe Called Quest). Jusque-là tout le monde suit. Il enchaîne un peu plus tard avec Be Here, tiré de son album Instant Vintage, et dont il donne une version qui vire rapidement à l’impro rock, puis avec le quasi mélancolique Still Ray. Avec à chaque fois de vraies interprétations live, très loin d’un trop propret copié-collé d’album et en parfaite synergie avec ses musiciens, il finit de se mettre le public dans la poche. Public qu’il achève avec quelques « oldies but goodies », Get Involved, duo de 1999 avec Q-Tip, puis I Want You Back des Jackson Five et un Let The SunshineIn de clôture à l’unisson.

Alors un peu trop rodé façon show à l’américaine le père Saadiq ? Peut-être, mais ça n’a pas empêché son inimitable sens du groove d’électriser le Grand Rex ce soir-là et nous, on y a vu que du feu !

Claire Hazan

Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo.
Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    PREMIÈRE LIVE !
      Deal du jour avec Groupon