Les 10 meilleurs titres du label DFA

10/11/2011 - 16h28
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  • LCD Soundsystem - Losing My Edge (2002)The Rapture – House Of Jealous Lovers (2003)LCD Soundsystem – Daft Punk Is Playing At My House (2004)The Juan MacLean - Give Me Every Little Thing (2005)Black Dice - Smiling Off (2005)Hot Chip - Over And Over (2006)Prinzhorn Dance School - You Are The Space Invader (2007)LCD Soundsystem - All My Friends (2008)Hercules and Love Affair – Blind (2008)The Crystal Ark - The City Never Sleeps (2010)
  • LCD Soundsystem - Losing My Edge (2002)

     

    Immanquablement le morceau qui révolutionna une seconde fois l'approche de la dance music. En pleine déferlante minimal techno, alors que l'électroclash explose (mais peine à s'acheter une conduite et à trouver la respectabilité) déboule un New Yorkais mal rasé : James Murphy, 31 ans au compteur, ex-rockeur, producteur de nombreuses étoiles grunge, qui balance en moins de 10 minutes l'une des salves ironiques et obsédantes les plus brillantes de l'histoire du méta-rock. Le monologue désemparé d'un trentenaire dépassé par la génération qui arrive, celle d'internet et de l'archivage musical obsessionnel. Musicalement, c'est hyper-répétitif, c'est crade, ça grince, on ne sait plus où cela se situe. "Losing My Edge" post-punk house ? Electro-rock ? House-garage (dans le sens, "fait dans un garage") ? Impossible d'imposer une étiquette à cette musique, qui séduira pourtant toute une tranche de la population fan de musique, de 25 à 50 ans ! Le clip quant à lui, mérite d'office de rester dans les annales, Murphy y jouant la tête à claques assumée avec un plaisir (masochiste?) non dissimulé. Classique !

     

     

     

    Voir aussi- LCD Catsystem, le ''cat tribute band'' en l'honneur de LCD Soundsystem- 5 reconversions possibles pour James Murphy en retraite de LCD Soundsystem- notre interview vidéo avec LCD Soundsystem

     

  • The Rapture – House Of Jealous Lovers (2003)

     

    S'il fallait trouver un hymne post-punk des années 2000, ce serait certainement celui-là ! "House of Jealous Lovers" fut en effet LA claque assenée en 2003 par le label new yorkais dont tout le monde commence vraiment à parler. Guitare blanche pour rythmes noirs, le son du groupe de ce quatuor récemment débarqué à New York (les principaux membres de The Rapture sont originaires de San Fransisco) mélange house, new wave, rock et électro, et ce, avant tout le monde. Le succès est immédiat. Les DJ se mettent à jouer du rock en club, et "House of Jealous Lovers" figure en bonne place aux côtés des titres de Radio 4, Bloc Party, Liars ou encore !!! (chk chk chk). Malheureusement pour James Murphy, après trois maxis sur son label, ses poulains le quittent lâchement pour Vertigo, puis pour Universal/Motown (avant de revenir la queue entre les jambes en 2011 pour le succès que l'on sait). Le clip réalisé comme une vidéo post-punk des années 80, rassemble collages et scènes symboliques dans une ville que l'on devine être le New York post-11 septembre. The Rapture se pose alors comme l'emblème à la fois décontracté et stressé d'une grosse pomme définitivement traumatisée.

     

     

     

    Voir aussi- notre playlist New York en chansons- Les remixes de How Deep Is Your Love de The Rapture

     

  • LCD Soundsystem – Daft Punk Is Playing At My House (2004)

     

    Nouvel exercice du label DFA sur le thème "la dance music, on kiff, mais on aime aussi trop le rock pour balancer 50 ans d'histoire à la poubelle", "Daft Punk is Playing At My House" est en quelque sorte l'hommage d'un type (James Muprhy) gavé de rock jusqu'à ces 30 ans, qui découvre, le temps d'un ecsta, le pouvoir de la danse. L'intéressé l'a souvent raconté, c'est au cours d'un concert des deux Français casqués qu'il a découvert l'acid-house et toute sa culture. Aussi quoi de plus normal que d'écrire un titre en leur honneur, surtout quand, fin businessman, le simple nom de Daft Punk dans un morceau, suffit à faire parler de lui ! Reste un morceau jubilatoire, ponctué des petits cris de fausset d'un chanteur pas encore tout à fait sûr de sa voix, mais très enthousiaste. Côté clip, du fait maison (DFA n'a pas encore la réputation, ni l'argent, lui permettant de réaliser des clips dantesques), hymne hédoniste au partage inter-générationnel de la musique, et tout simplement à la bonne vieille teuf où tout le monde trouve son compte. Accessoirement, l'un des meilleurs titres du groupe en concert. Encore une fois, classique !

     

     

     

    Voir aussi- LCD Catsystem, le ''cat tribute band'' en l'honneur de LCD Soundsystem- 5 reconversions possibles pour James Murphy en retraite de LCD Soundsystem- notre interview vidéo avec LCD Soundsystem

     

  • The Juan MacLean - Give Me Every Little Thing (2005)

     

    Nul ne sait vraiment si les "little thing" en question sont bien celles auxquelles on pense en voyant ce clip, mais une chose est sûre : avec l'arrivée de ce morceau sur , premier album de The Juan MacLean, l'un des meilleurs de cette formation phare du label, on entre vraiment dans une autre dimension du groove. Le flirt entre électro et rock est largement consommé par DFA depuis ses débuts, mais The Juan MacLean y ajoute une large louche de funk décomplexé, moite et presque graveleux, qui introduit une nouvelle ère pour DFA (ainsi que pour toute la musique de la fin des années 2000). Désormais, c'est dit, le rock sera groovy ou ne sera pas ! The Juan MacLean se fend aussi d'un des premiers clips vraiment audacieux de l'histoire du label, avec ce récit vidéo surréaliste digne de Funkadelic, d'un enlèvement par des extra-terrestres curieux des moeurs intimes de notre espèce, sur fond de beats entraînants évoquant l'insolente sexualité de toute la house, de la soul et du funk des 70's. Un grand moment de DFA assurément.

     

  • Black Dice - Smiling Off (2005)

     

    Black Dice, représente la face expérimentale extrême de DFA. Collectif plus que groupe, cette formation originaire de Brooklyn tranche avec la volonté hédoniste du label. Dès 2003, Aaron Warren, Bjorn Copeland et Eric Copeland investissent le champ musical new yorkais avec une série de compositions qui sentent la chipset cramée, le computer fossile et la table de mixage en déroute. Leurs clips, comme leur musique, se présentent sous la forme de collages situationnistes, surréalistes ou tout simplement anarchiques. Brisant la loi du clinquant, du "joli" ou du figuratif, Black Dice balance tout par terre, piétine allègrement les valeurs de la dance music, comme celles du rock, tout en restant assez arty pour fasciner les hipsters du monde entier, alors tous profondément concentrés sur ce qu'on nomma un temps, "la scène de Brooklyn". "Smiling off" qui figure sur la compilation Holiday Mix 2005 du label, est certainement l'un des morceaux les plus "dansants", à sa manière bizarre et tribale. Ceci étant, qui a dit que DFA n'était qu'une affaire de danse ? Ces gens-là sont trop investis dans les musiques, toutes les musiques, pour seulement se cantonner à un style précis.

     

  • Hot Chip - Over And Over (2006)

     

    On oublie souvent à quel point le label new yorkais a participé à la reconnaissance de formations désormais incontournables de notre paysage musical. C'est le cas des Britanniques de Hot Chip, qui signent dès 2006, un "Over and Over" accompagné de remixes pour DFA. La structure de James Murphy ayant passé un contrat avec EMI pour un de ses groupes les plus porteurs, LCD Soundsystem (et c'est évidemment tout un symbole pour une franchise indépendante !), il était évident d'y retrouver également les consensuelles "puces frites" également signées sur la major et toujours présentes quand il s'agit de pondre un tube électro-pop qui fera le tour de la planète. L'union momentanée de DFA et de Hot Chip, signe aussi la reconnaissance d'une internationale des rockeurs qui dansent, au delà des frontières et au delà des genres. Un état d'esprit joyeux et conquérant que l'on retrouvera dans ce clip bigarré et très malin, parfaite illustration du phénomène nu-rave alors en marche (même si celui-ci ne dura pas longtemps). Le clip quant à lui, joue sur les deux tableaux : "Over and Over" se moque gentiment des nouvelles technologies, tout en en usant. Paradoxal et amusant. Mais avec sa ritournelle entêtante, ses synthés et ses guitares emmêlées, "Over and Over" achève surtout de consommer la relation décomplexée de deux genres musicaux qui se sont longtemps tournés le dos. Et ça, DFA y est vraiment pour quelque chose !

     

     

     

    Voir aussi- notre interview vidéo avec Hot Chip

     

  • Prinzhorn Dance School - You Are The Space Invader (2007)

    En 2007, renversement de valeur : DFA est principalement reconnu pour ses productions électros. Pourtant, s'il est une preuve que le label s'intéresse toujours au rock, les deux extra-terrestres de Prinzhorn Dance School en sont de parfaits représentants. Tobin Prinz et Suzy Horn accouchent en effet pour James Murphy et son label, d'un album ovni, brûlot de rock minimaliste s'approchant plus de The Fall que des habituelles ondulations disco-punk-house produites par leur maison d'accueil. Du côté "dansant" des productions DFA, Prinzhorn Dance School et son album du même nom, n'ont gardé que l'aspect répétitif et saccadé (et le nom en forme de clin d'oeil à une école de danse imaginaire). Profondément rythmique, l'album flirte ouvertement avec le post-punk et entérine la passion du patron du label pour le genre. Choix qu'il défendra encore plus ouvertement en rééditant un album mythique de Pylon, groupe post-punk oublié d'Athens en Georgie. "You are Space Invader" avec son clip tout aussi radicalement arty et épuré que la musique qu'il illustre, conjugue new wave et no wave avec un humour cher au label, même si en vérité, le duo Prinz/Horn, ne fera que passer au sein de la structure new yorkaise.

  • LCD Soundsystem - All My Friends (2008)

     

    L'heure du sacre est arrivée. En 2008, LCD Soundsystem, officiellement épaulé par la major EMI, sort , album de la consécration, acclamé par les fans, la totalité de la presse et une bonne partie du music business. De fait, pour beaucoup, après un premier effort en demi-teinte, Sound of Silver s'impose comme le premier véritable album de LCD Soundsystem. Multi-récompensé, choisi parmi les 100 meilleurs morceaux des années 20 à aujourd'hui par le magazine Time, le single "All My Friends" est indiscutablement, en effet, l'un des plus beaux titres du groupe de James Murphy. Affublé pour son clip des oripeaux glam, prog-rock et new wave d'un Peter Gabriel ou d'un Bowie, Murphy balance un de ses textes les plus lucides jamais écrits sur la vie de musicien, l'éloignement des choses importantes, la maturité et les amis. Une chanson inoubliable, qui annonce en quelque sorte avec cinq ans d'avance, la future mise en sommeil (définitive?) de LCD Soundsystem, mais qui n'en est que plus poignante.

     

     

     

    Voir aussi- LCD Catsystem, le ''cat tribute band'' en l'honneur de LCD Soundsystem- 5 reconversions possibles pour James Murphy en retraite de LCD Soundsystem- notre interview vidéo avec LCD Soundsystem

     

  • Hercules and Love Affair – Blind (2008)

     

    Avec le premier album d'Hercules and Love Affair, DFA entre de plain-pied dans l'ère du nu disco. Une musique remise au goût du jour vers la fin des années 2000, par les histrions du genre, dont le groupe, plus proche d'un collectif, mené par Andy Butler donne une version particulièrement personnelle (en particulier grâce à l'alliance de la voix transgenre d'Antony Hegarty d'Antony and The Johnsons, de la musique faussement légère et de l'imagerie orgiaque chère aux clichés disco des années 70). "Blind" donc, sera le porte-drapeau d'une disco sombre, désespérée, et finalement, assez proche assurément, de la réalité sociale de l'époque où cette musique est née. Avec "Blind" en effet, Hercules and Love Affair rappelle que derrière le strass et les paillettes, la disco était avant tout une musique cathartique, un moment et un monde, hors du temps, entièrement créés pour oublier les soucis de la vie quotidienne sur les dancefloors du monde entier. De cette leçon, Hercules tire une vidéo inquiétante, entre rêve éveillé et bal de prédateurs en goguette. Une image décalée qui marquera les esprits et amènera une bonne partie des amateurs de musique pop à s'intéresser à un genre généralement méprisé et moqué. Avec ce titre, cet album et ce groupe, DFA redonne tout simplement ses lettres de noblesse au disco.

     

     

     

    Voir aussi- Hercules and Love Affair, hommage à la culture club dans le clip de ''My House''

     

  • The Crystal Ark - The City Never Sleeps (2010)

    2010 voit apparaître l'une des productions les plus originales du label DFA. The Crystal Ark est le projet solo de Gavin Russom, également à l'origine du saisissant Day Of Mars signé Delia Gonzales & Gavin Russom en 2005, ainsi que de nombreux maxis sous divers pseudonymes (Black Leotard Front, de Black Meteoric Star, Paper Eyes). Russom qui rejoint les rangs de LCD Sounsystem pour la tournée de l'ultime album du groupe, , est en quelque sorte l'ingénieur électronicien du label de New York. Féru de synthés vintage, danseur contemporain, artiste-plasticien, c'est aussi un artiste complet dont l'imaginaire est emprunt d'un certain mysticisme. Une vision de son art - et de la vie - parfaitement représentée par le premier clip de The Crystal Ark, son tout dernier projet en date. "The City Never Sleeps" est l'illustration métaphorique et poétique de l'antagonisme qui régit les forces mystiques de la nature et celles, brutales, de l'environnement urbain. Cette idée, alliée à l'esprit des raves et de la disco primitive et baroque des années 70, donne à voir l'un des clips les plus troublants jamais produits par un artiste du label. Et accessoirement, pour illustrer une imparable saga proto-house de plus de 12 minutes dans sa version originale.

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