Les polémiques du hip hop français

20/10/2009 - 13h06
  • Partager sur :
  • 0
  • Morsay indigne Frédéric Mitterrand

     

    Courant octobre 2009, le rappeur Morsay, qui officie au sein de Truand 2 La Galère, s'attire les foudres dans un premier temps des syndicats de police, de l'UMP, puis de Frédéric Mitterrand, ministre de la culture.

     

    La faute à cette vidéo, celle du titre "J'ai 40 Meufs" qui incite à la violence par la présence du rappeur et de son entourage, armé, visiblement prêts à passer à l'acte et à ses propos tantôt mysogynes, tantôt violents. Mitterrand a déclaré que cette vidéo et ses propos étaient intolérables et étonne une partie de la classe politique et des médias qui l'avait vu prendre la défense d'OrelSan accusé de mysogynie (avec le titre "Sale Pute"), quelques mois plus tôt.

     

  • NTM insulte la police lors d'un concert

     

    Ca fait déjà des années que la réputation de NTM enfle à coup de polémiques médiatiques (la rime "Allons à l'Elysée, brûler les vieux" dans "Qu'est-ce qu'on attend ?" avait déjà eu un beau succès l'année d'avant) quand enfin en 1996 ils sont condamnés par le tribunal correctionnel de Toulon pour des propos tenus par Joey Starr à l'encontre des forces de l'ordres au cours d'un concert contre le FN organisé par SOS Racisme. "Nique ta mère ! Je nique la police ! J'encule et je pisse sur la justice ! Nos ennemis : c'est les hommes en bleu ! On leur pisse dessus." déclara Joey Starr. "Trois mois de prison fermes et trois autres avec sursis suivis de six mois d'interdiction d'exercer la profession de chanteur de variété" répond le tribunal de Toulon (finalement en appel le groupe n'écopera que de 50 000 francs d'amende).

     

     

     

    Ecouter notre Radio Hip Hop

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

     

     

  • Le ministère de l'intérieur porte plainte contre La Rumeur

     

    En 2002 La Rumeur touche le jackpot quand le ministère de l'intérieur alors dirigé par Nicolas Sarkozy porte plainte contre le groupe pour des propos tenus dans un fanzine. La plainte parle de "diffamation envers la police nationale", les propos de La Rumeur sont en fait réfléchis et informés. Par trois fois, le groupe a été relaxé mais l'affaire traine toujours depuis sept ans.

     

    Aux dernières nouvelles le ministère a demandé une seconde cassation. Parmi les propos incriminés : " (...) au travers d'organisations comme SOS racisme, créée de toutes pièces par le pouvoir PS de l'époque pour contribuer à désamorcer le radicalisme des revendications de la Marche des beurs : l'égalité des droits devient l'égalité devant l'entrée des boîtes de nuit. La justice pour les jeunes assassinés par la police disparaît sous le colosse slogan médiatique "Touche pas à mon pote !" ou "Vive le métissage des couleurs !", etc.. "

     

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Ministère A.M.E.R. et son "Sacrifice de Poulet"

    Ministère A.M.E.R. est condamné en 1995 à 250 000 francs d'amende pour la chanson "Sacrifice de Poulet" suite à une plainte non pas de la SPA mais du ministère de l'intérieur. Condamnés à verser 250 000 euros d'amende, pour incitation au meurtre, les membres du groupe se séparent et gagnent largement de quoi rembourser leurs dettes avec leurs carrières solos. Pour Doc Gyneco, Stomy Bugsy et Passi, la condamnation aura été un excellent tremplin.

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Sniper harcelé de partout

    "Voyous qui déshonorent la France" selon Nicolas Sarkozy, les membres de Sniper sont harcelés par les militants d'extrême droite du Bloc Identitaire, traînés devant les tribunaux par le ministère de l'intérieur (comme tout le monde, à ce stade) mais aussi accusés d'antisémistisme par des associations juives. Bref, ils ont un peu tout le monde contre eux, ce qui fait toujours une bonne source d'inspiration pour des raps paranoïaques.

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • François Grosdidier porte plainte contre 7 rappeurs

    François Grosdidier... n'est pas un rappeur mais un député UMP qui, fin 2005, dépose une plainte auprès du garde des sceaux pour "incitation au racisme et à la haine" contre sept artistes ou groupes d'un coup, dont certains sont dissous depuis des années : Smala, Monsieur R, Ministère A.M.E.R., Fabe, 113, Lunatic et Salif. La plainte est jugée irrecevable mais le député s'est tout de même fait mousser.

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Youssoupha vs Eric Zemmour

    En 2009 dans "A Force de Le Dire", Youssoupha rappe "j'mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d'Eric Zemmour ". Ce dernier porte plainte pour injure publique et "fait de menace de crime". Les médias embrayent, tribune dans Le Monde, nouveau rap de Youssoupha : "si j't'ai traité de con bah considère que c'est un euphémisme". En voilà un qui sait profiter des lumières braquées sur lui.

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Joey Starr et le titre "Sarkozy"

    En dehors de NTM, Joey Starr est connu un peu pour sa carrière solo et beaucoup pour son casier judiciaire solo : violences sur ses compagnes, un singe, une hôtesse de l'air, des passants, détention d'un pitbull non stérilisé, détention de drogue et d'arme, crachat sur des gendarmes, usurpation d'identité, faux et usage de faux... Mais finalement son seul démêlé ministériel sera (un peu) étouffé : la chanson "Sarkozy" dont le refrain dit "Tiens ta femme et tu tiendra la France") sera curieusement omise de son album solo par sa maison de disque.

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Truand 2 La Galère insulte les internautes

    Truand 2 la galère est un collectif hip hop 2.0, qui a compris que l'avenir, ce n'est pas de s'en prendre à des ministres ou à des journalistes mais plutôt de s'en prendre aux internautes eux-mêmes dans des vidéos postées sur youtube et de devenir VIRAL, façon rappeur du 92. OK, ça n'était peut-être pas volontaire mais quand Morsay, un des membres du crew, invite les internautes qui se moquent de lui à venir dans le 92 pour se faire enculer, il double le nombre de ses fans sur Facebook.

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • OrelSan censuré en 2009

     

    A cause d'une chanson de 2007 qu'il n'a pas mis sur son album et qu'il ne joue plus sur scène, Orelsan est d'abord embêté en 2009 par les ministres UMP Valérie Létard et Christine Albanel qui veulent faire retirer le clip d'internet avant que la gauche ne s'empare du sujet à l'approche des Francofolies de la Rochelle.

     

    Tout le monde nie avoir fait pression sur le festival mais le concert d'Orelsan est curieusement annulé au dernier moment. L'UMP oublie sa position des mois précédents et accuse Ségolène Royal de censure, tout le monde se renvoit la balle et Orelsan accède finalement à un niveau de médiatisation que toute la hype des mois précédents n'aurait su lui apporter.

     

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Pierre Sarkozy, fils du président et producteur de rap

     

    Avec Pierre Sarkozy, le fils du président, c'est le cas inverse : quand l'identité du producteur "Mosey" est révélée, c'est la levée de boucliers dans le hip hop français indigné. Peu importe pour le fils du Président, il trouve toujours du boulot en produisant le nouvel album de Doc Gynéco.

     

     

     

    Ecouter notre  Radio Hip Hop 

     

    Lire notre Histoire du Hip Hop

     

     

     

  • Les propos homophobes de Sexion d'Assaut

     

    En 2010, Sexion d'Assaut est suspecté d'homophobie suite à une interview donnée à Hip Hop International en juin et qui a refait surface via twitter en septembre. Le "on est homophobes à 100% et on l'assume" sera repris par tous les médias. A partir de là et en l'absence de démenti officiel, on ressort les textes de vieux titres issus de street tapes ("A 30%" et "L'Oeil de Verre" ou "Cessez Le Feu"). Gros coup de massue pour le groupe qui a vendu 300 000 exemplaires de son , qui est nominé au MTV Europe Music Awards. Des concerts sont annulés un peu partout en France, NRJ les déprogramme et enfin MTV France retire sa nomination au groupe, la Sexion réagit par un communiqué officiel et par une série d'actions prévues pour redorer son blason.

     

    - En vidéo : Sexion d'Assaut fait danser et rapper Snoop Dogg- TF1 nous présente ses excuses, sur le titre "Désolée" de Sexion d'Assaut- Désolé d'être pédé, la parodie gay de leur tube 

     

    - Ecouter notre  Radio Hip Hop - Lire notre Histoire du Hip Hop

     

  • Michel Raison et la censure du ''rap d'immigration''

     

    Fin juillet 2011, le député Michel Raison interpelle le ministre de la Culture à l'Assemblée nationale sur le rap : "Sous couvert de liberté d'expression, ces groupes se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes [...]. Ils bafouent les valeurs fondamentales de respect et de liberté qui fondent notre démocratie". Les critiques à l'égard de l'expression rap ne sont pas nouvelles, mais Raison nomme clairement "certains groupes de rap issus de l'immigration".

     

    Après son appel à la censure de certaines de ces formations, le député se ravise, estimant qu'il avait employé une "mauvaise formulation" et même dit une "connerie". Son changement de position ne l'a pas empêché de provoquer un début de polémique en France et de recevoir coups de fils et appels d'association anti-racistes et d'être la cible de commentaires sur Internet.

     

Le hip hop français, on pourrait croire qu'il est aujourd'hui accepté, "intégré", mais c'est tout le contraire : il reste un ghetto. Un ghetto doré peut-être, où des millions de fans peuvent vous rendre célèbre, mais si vous voulez en sortir pour atteindre le très grand public, il n'y a pratiquement qu'un moyen, la politique (A défaut, un député ou un journaliste fera tout aussi bien l'affaire) . Etre mis à l'index par un homme politique, c'est l'exposition nationale assurée, le reportage sur TF1 et tout ce qui va avec. C'est aussi presque toujours garanti sans conséquence négative.

COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    Ils ont aimé