Adieu les cons : Albert Dupontel
Gaumont

Les absents ont parfois raison ! Sacré par les professionnels comme par les lycéens, Albert Dupontel est le grand vainqueur de cette soirée.

Plébiscité par le public en dépit de sa courte durée d’exploitation pré-reconfinement, accueilli plutôt positivement par la critique malgré ses habituels détracteurs, Adieu les cons a dominé de la tête et des épaules cette singulière édition 2021 des César. Sept statuettes sont venues le récompenser : le César des lycéens et du côté des professionnels, ceux des meilleurs décors, photo, scénario, second rôle pour le fidèle Nicolas Marié, réalisation et film (ces deux derniers prix pouvant de nouveau être cumulés depuis cette année). 

ADIEU LES CONS: DUPONTEL AU TOP [CRITIQUE]

On le sait, Albert Dupontel n’aime pas les César (et c’est sa productrice Catherine Bozorgan qui est venue chercher les trophées à sa place). Mais les César eux l’adorent ! Jusqu’ici, il avait été nommé à 12 reprises et en avait déjà remporté trois (meilleur réalisateur et meilleure adaptation pour Au revoir là-haut en 2018, meilleur scénario pour Neuf mois ferme en 2014). Ce soir, il a touché au Graal en décrochant le César du meilleur film et en entrant dans le club des metteurs en scène deux fois primés en réalisation avec Jean- Jacques Annaud, Abdel Kechiche, Alain Resnais, Claude Sautet et Bertrand Tavernier. Et si Roselyne Bachelot avait enfin la bonne idée de passer la deuxième pour une stratégie de réouverture des salles, cette soirée pourrait être à la fois un formidable tremplin pour le film qui ressortira et pour les salles de cinéma de France qui auront besoin de telles locomotives.

Ce résultat n’est pas en soi une surprise. Avec 12 nominations, Adieu les cons faisait partie des trois favoris de la soirée avec Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (13) et Eté 85 (12). La surprise vient de l’ampleur de son succès et, par ricochet des résultats, décevants de ses principaux adversaires d’un soir. Nommé pour la première fois en meilleurs film et réalisateur, Emmanuel Mouret n’a vu son film récompensé que grâce à la merveilleuse composition d’Emilie Dequenne en second rôle. Et pour François Ozon, les années se suivent et se ressemblent douloureusement. Depuis 1997 et son court métrage Une robe d’été, il a été nommé à titre personnel 19 fois… sans repartir avec une seule statuette. Et son 0 sur 12 de ce soir fait écho à celui reçu en 2003 par Huit femmes. Seul, dans l’histoire des César, Camille redouble de Noémie Lvovsky a fait pire : zéro pointé lui aussi mais en 13 nominations.

Pour autant, Albert Dupontel n’est pas le seul à avoir le sourire ce soir. Le merveilleux Adolescentes de Sébastien Lifhsitz repart avec trois prix, dont son deuxième César du documentaire après Les Invisibles.

Et pour le reste, les votants ont choisi d’honorer énormément de films différents. De Mignonnes (César du meilleur espoir féminin pour Fathia Youssouf, alors qu’elle n’était même pas - une première ! -  dans la liste des prénommées concoctée par un jury de directeurs de casting) à Antoinette dans les Cévennes (le premier César de la carrière de Laure Camaly pour son vrai premier premier rôle) en passant par Deux (meilleur premier long métrage en attendant les Oscars), La Fille au bracelet (meilleure adaptation pour Stéphane Demoustier, un an après la victoire de sa sœur Anaïs en meilleure actrice), Un fils (Sami Bouajila sacré meilleur acteur, 13 ans après sa victoire en second rôle pour Les Témoins), Josep (meilleur film d’animation), l’hilarant Tout simplement noir (Jean- Pascal Zadi décrochant le César du meilleur espoir… à 40 ans), la musique de La Nuit venue et les costumes de La Bonne épouse. Ce petit côté "L’Ecole des fans" fait office de baume apaisant dans cette année si rude pour le cinéma.