Le Doulos
StudioCanal

Le polar de Jean- Pierre Melville, film de chevet de Tarantino, Scorsese et tant d’autres, est à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard

Un film clé dans la carrière de Melville

En 1959, l’échec du polar Deux hommes dans Manhattan (dont il tenait le rôle central) a poussé Jean- Pierre Melville à se remettre en question. Avec une double décision : revenir à des adaptations de roman comme au tout début de sa carrière avec Le Silence de la mer ou Les Enfants terribles et faire appel à des stars du septième art devant sa caméra. Ce sera le cas dès 1961 avec Léon Morin, prêtre, tiré du roman de Beatrix Beck et dans la foulée, un an plus tard, avec Le Doulos, adapté, lui, d’un roman de Pierre Lesou. Et le succès fut à chaque fois au rendez- vous

Un polar écrit en quatrième vitesse

Le Doulos est né d’une urgence. Georges de Beauregard, le producteur historique de la Nouvelle Vague, avait en effet topé là avec Melville pour lui financer un film mais à deux conditions non négociables. Ce devait être un polar et se tourner dans un délai très court. Melville le prit au mot et adapta donc cette histoire de règlements de compte entre flics et truands sur fond de vol de bijoux dans Paris en seulement 8 jours

Melville- Belmondo, deuxième

Pour camper Silien, le personnage central du Doulos, mal vu dans le milieu des voyous car soupçonné d’être un indic pour la police, Melville a choisi de faire appel à Jean- Paul Belmondo, dont il avait été brièvement le partenaire dans A bout de souffle et qu’il avait surtout dirigé un an plus tôt dans Léon Morin, prêtre. Ils enchaîneront dès l’année suivante avec L’Aîné des Ferchaux qui marquera leur ultime collaboration. Furieux contre l’attitude agressive du réalisateur envers son partenaire Charles Vanel, Bébel en vint en effet aux mains avant de quitter avec son camarade le plateau pour ne jamais revenir.

Un assistant réalisateur célèbre

Le générique du Doulos contient pas mal de noms devenus célèbres des années plus tard. La future réalisatrice Elisabeth Rappeneau (Fréquence meurtre) en était la scripte et Bertrand Tavernier l’attaché de presse. Mais Melville avait aussi choisi comme premier assistant, celui avec qui il venait de collaborer dans Léon Morin Prêtre. Un jeune homme de 23 ans qui, 17 année plus tard, remportera la Palme d’Or à Cannes pour Le Tambour : Volker Schlöndorff.

Une référence qui a traversé les décennies

Si Le Doulos fut reconnu en son temps comme un film majeur, il a aussi et surtout su traverser les années et les frontières pour devenir l’un des films de chevet des plus grands cinéastes à travers la planète. Quentin Tarantino, John Woo, Jim Jarmusch, Johnnie To, Martin Scorsese… Tous ne jurent que par Le Doulos ! Pas mal pour un film envisagé au départ comme une simple récréation avant de s’attaquer à des projets plus consistants !

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