Gainsbourg (vie héroïque)
Universal Pictures International France
1) Pourquoi Joann Sfar ?
Universal Pictures International France
2) Sfar : "Biopic ? Connais pas"
Universal Pictures International France
3) Eric Elmosnino est Serge Gainsbourg
Universal Pictures International France
4) Bardot, Birkin, Greco, Vian... un casting quatre étoiles !
Universal Pictures International France
5) Gainsbourg, vie politique ?
Universal Pictures International France
6) Un premier film à 16 millions d'euros !
Universal Pictures International France
7) Gainsbourg : une musique sans fausse note
Universal Pictures International France
8) Pas de clope pour Gainsbourg
Universal Pictures International France
9) Un journal de bord nous en dit plus sur le tournage
Delcourt
10) Gainsbourg, et après ?
UGC Distribution
Gainsbourg (vie héroïque)
1) Pourquoi Joann Sfar ?
2) Sfar : "Biopic ? Connais pas"
3) Eric Elmosnino est Serge Gainsbourg
4) Bardot, Birkin, Greco, Vian... un casting quatre étoiles !
5) Gainsbourg, vie politique ?
6) Un premier film à 16 millions d'euros !
7) Gainsbourg : une musique sans fausse note
8) Pas de clope pour Gainsbourg
9) Un journal de bord nous en dit plus sur le tournage
10) Gainsbourg, et après ?

1) Pourquoi Joann Sfar ?

Joann Sfar, dessinateur prolifique de BD cultes (Chat du Rabbin, Socrate, Petit Vampire), a réussi là où beaucoup ont échoué. Les descendants de Serge Gainsbourg ont accepté que cet artiste multicarte fasse un film sur la vie de l'homme à la tête de chou, alors que certains réalisateurs accomplis s'y étaient cassé les dents. Comment a-t-il fait pour parvenir à ses fins ? "On a passé beaucoup de temps à faire comprendre aux familles que c'était une fable", déclare-t-il au Film Français. Apparemment, l'idée a plu, puisque Jane Birkin aurait même fini par avouer : "Ce n'est pas mon histoire, mais Serge aurait été si heureux que l'on parle de lui comme ça."

Pari réussi pour Sfar, qui s'appuie sur Gainsbourg en personne pour défendre son idée : "Je n'en ai rien à foutre du réalisme, avait déclaré le chanteur, j'aime King Kong et Pim, Pam, Poum." Au départ, le réalisateur voulait même que ce soit Charlotte qui incarne son père à l'écran. Elle a caressé l'idée pendant quelques mois, avant de refuser, mais a donné son feu vert à Sfar pour le tournage du biopic.

2) Sfar : "Biopic ? Connais pas"

Ne parlez pas de biopic à Joann Sfar ! Le réalisateur se défend d'avoir voulu adapter sur grand écran la vie de Serge Gainsbourg à la lettre. Ce qu'il a voulu faire ? Lui rendre hommage, de façon onirique et fantasmée. Il aime parler de conte philosophique, à propos de son film. L'un des producteurs du film, Didier Lupfer, explique ainsi que "Les vérités de Gainsbourg ne l'intéressaient pas. Ce sont ses mensonges qui l'intéressaient." Le mot d'ordre n'était donc pas le réalisme, et encore moins l'embaumement mythologique. Loin de vouloir mettre Serge sur un piédestal, l'équipe du film avait pour mot d'ordre de faire de la vie de Gainsbourg une sorte de rêve poétique. D'ailleurs, le casting des acteurs montre à quel point Joann Sfar cherchait un interprète détaché, presque insolent, pour incarner Gainsbourg.

3) Eric Elmosnino est Serge Gainsbourg

On l'a bien compris, ce n'est pas forcément la ressemblance avec Serge Gainsbourg  que recherchait Joann Sfar au moment du casting. Pour preuve cette envie d'engager Charlotte pour le rôle. A son refus, le réalisateur a cru que son projet allait tomber à l'eau. Les essais de nouveaux acteurs, même connus, n'étaient pas à la hauteur. A part celui de Mathieu Amalric, selon Joann, qui n'était ni dans l'imitation, ni trop impressionné par le rôle. Mais son succès est un point négatif pour le réalisateur, qui le trouve trop célèbre pour le rôle. Quand Eric Elmosnino se présente au casting, avec "sa manière de s'en foutre", dixit Sfar, il tape aussitôt dans l'oeil du nouveau réal .Malgré des apparitions dans de nombreux films populaires (Bernie, Liberté-Oléron, Bancs Publics...), c'est est avant tout un homme de théâtre, peu connu du grand public. Et surtout, il est détaché. Une qualité qui plait immédiatement à Sfar.

4) Bardot, Birkin, Greco, Vian... un casting quatre étoiles !

Autres rôles, autres difficultés ! Gainsbourg est tellement présent dans l'esprit des gens que Joann Sfar se doit de proposer un casting parfait. Pourtant, il a du mal à faire accepter Laetitia Casta dans la peau de Brigitte Bardot. Pas question d'en faire la blonde de service, et si l'actrice impressionne tout le monde aux essais, le réalisateur doit se battre pour l'imposer aux producteurs. Le résultat est bluffant.

Pour le rôle de Jane Birkin, c'est le temps qui joue contre l'équipe du film. Après avoir casté plus de 800 actrices, Joann tombe sous le charme de Lucy Gordon à un mois seulement du début du tournage. Quant aux autres, le problème était, selon les producteurs, "d'éviter le musée Grévin." C'est chose faite grâce à des choix originaux : Boris Vian est incarné par Philippe Katerine, Fréhel par Yolande Moreau, Juliette Gréco; par Anna Mouglalis... Difficile de faire plus décalé !

5) Gainsbourg, vie politique ?

Le film sur Serge Gainsbourg comme réponse au débat d'Eric Besson sur l'identité nationale ? C'est ce que prétend Sfar. Son film présente bien sûr un aspect politique, le chanteur ayant toujours provoqué les médias de son époque. Du coup, le réalisateur voudrait que "le film joue un rôle dans le débat actuel sur l'identité nationale, déclare-t-il au Film Français. Si ce n'est pas le cas, j'aurais raté mon coup."

Il tient à rappeler également que le point de départ de son histoire reste le moment où le jeune Lucien Ginsburg reçoit l'étoile jaune. Il s'empresse de la porter, tout en accusant les autres : "C'est votre étoile !", dit-il au début du film. Quelques années plus tard, l'homme mixera La Marseillaise avec des airs de reggae. Pour choquer ? Peut-être. Et pour ouvrir les esprits ? Sans doute.

6) Un premier film à 16 millions d'euros !

Gainsbourg (vie héroïque) est le premier film de Joann Sfar, mais aussi celui de One World, la maison de production qui l'a soutenu de A à Z. Un très gros budget pour un film français, signé par un réalisateur débutant. Surtout que s'il a été vendu comme un biopic, Joann Sfar n'a jamais caché son envie de détourner la biographie en fable... Voilà qui a dû faire trembler plus d'un ! Mais Joann, lucide, n'a pas fait les choses à moitié : l'une des scènes du film implique un monstre, inspiré par l'une des créatures du Labyrinthe de Pan, de Guillermo del Toro. Et Sfar a réussi à engager Doug Jones, qui incarne Pan dans le film espagnol, pour incarner son monstre. Mieux : il a su convaincre DDT, la société d'animation qui a épaulé Guillermo sur son film pour animer son monstre. S'il y a un talent que l'on peut reconnaître à Joann, c'est qu'il ose tout... et que ça marche ! Dernier exemple : c'est Chris Clark, le créateur de monstres de la saga Harry Potter, qui a conçu les animatroniques de Gainsbourg (vie héroïque)...

7) Gainsbourg : une musique sans fausse note

"C'était mon cauchemar", avoue Sfar à propos de la musique du film. On le comprend en découvrant le nombre de morceaux utilisés sur le projet : 60 moments musicaux et 23 chansons en tout. "L'enjeu, c'était d'avoir les comédiens qui chantent, pour imprimer leur émotion, atteindre l'anticomédie." Et ça a fonctionné, si l'on en croit le réalisateur, qui précise : "Eric m'a dit avoir trouvé le personnage en chantant..."  

En plus des tubes de Serge Gainsbourg s'ajoute la musique originale du film, à l'image de ce clip de Dionysos, révélé en novembre dernier.

8) Pas de clope pour Gainsbourg

Qui dit Gainsbourg, dit provoc', un concept que l'on retrouve logiquement dans la promotion du film. Les premières affiches devaient dévoiler le profil du chanteur, clope au bec. Somme toute l'image qu'on garde tous en tête du chanteur... Mais c'était sans compter Métrobus, filiale de la RATP, qui a censuré l'affiche, pour cause de loi Evin. Résultat, dans tous les métros parisiens, on observe Gainsbourg de profil, la bouche entrouverte, mais sans cigarette. Coup dur pour le fumeur de gitanes.

9) Un journal de bord nous en dit plus sur le tournage

La bonne idée de Joann Sfar quant à la promotion de son film a été d'inviter son ami dessinateur Mathieu Sapin sur le tournage pour qu'il crée un journal de bord débordant d'anecdotes amusantes et très ludiques. Si vous aussi vous rêvez d'en savoir plus sur le fonctionnement d'un tournage de A à Z (des rencontres entre producteurs aux castings, essayages, rumeurs et scènes clés), ruez-vous sur Feuille de chou !

10) Gainsbourg, et après ?

Gainsbourg (vie héroïque) n'était pas encore sorti que Joann Sfar s'attelait à d'autres projets. En particulier une adaptation de ses bandes dessinées du Chat du Rabbin en film d'animation, sorti un an après ce biopic. Il a réuni pour cela la même équipe que sur Gainsbourg. A travers sa compagnie Autochenille,produit aussi d'autres artistes et afin de créer un palier entre littérature et cinéma. Il était ainsi derrière l'adaptation d'Aya de Yopougon, en 2013.

 

 

Le 1er août, Netflix met en ligne plein de films : Amélie Poulain, Grave, Five, Gainsbourg (vie héroïque)...

Alors qu'il vient de fêter ses dix ans, Gainsbourg (vie héroïque) est de retour sur Netflix. L'occasion de replonger dans les coulisses du "biopic" (Joann Sfar préférait parler de "conte" à propos de son film) du plus provocateur des chanteurs français.
Par Elodie Bardinet (@Eb_prem)

A lire aussi :

Gainsbourg (vie héroïque) : le portrait chinois de Joann Sfar Gainsbourg (Vie héroïque) : rencontre avec Eric Elmosnino