Juliette Gréco
DPA/ABACA

La chanteuse et actrice, interprète de Jolie môme et de Belphégor, avait 93 ans.

"Juliette Gréco s’est éteinte ce mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun", a indiqué à l'AFP la famille de la comédienne et chanteuse, qui était âgée de 93 ans. Née à Montpellier, elle vit une adolescence tourmentée dans la France en guerre (elle se fait arrêter par la Gestapo car sa mère, qui sera déportée avec sa sœur, organisait une filière d'évasion). En 1945, elle atterrit à Saint-Germain-des-Prés et commence à se faire un nom sur la scène parisienne. Elle chante Sartre, Boris Vian, Raymond Queneau, Joseph Kosma, Aznavour, Brel, Brassens, elle connaît une liaison intense avec Miles Davis... Elle chante Jolie môme -paroles et musiques de Léo Ferré- en 1961.

Au cinéma, elle joue pour Jean Cocteau (Orphée), Jean-Paul Le Chanois (Sans laisser d’adresse), Jean-Pierre Melville (Quand tu liras cette lettre), ou Henri Decoin (Maléfices)... Son amant, le tout-puissant producteur Darryl F. Zanuck, tente dans les années 50 de faire de la chanteuse une star avec les grosses productions Le Soleil se lève aussi (Henry King, 1957) ou Les Racines du ciel (John Huston, 1958), jusqu'à deux films de Richard Fleischer (Drame dans un miroir et Le Grand risque), sans succès. Elle se cantonnera alors à des apparitions, comme dans La Nuit des généraux (1966) d'Anatole Litvak avec Peter O'Toole et Omar Sharif.

Elle connaît une grande popularité avec le feuilleton Belphégor de Claude Barma en 1965, feuilleton autour d'une spectre égyptien hantant le Louvre qui tient en haleine la France entière. Elle était d'ailleurs apparue dans le remake de 2001, Belphégor, le fantôme du Louvre, avec Sophie Marceau. C'était son avant-dernier rôle au cinéma, avant de tirer sa révérence sur grand écran en 2002 avec La Dernière Fête de Jedermann de Fritz Lehner.

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