Top films Amazon Prime Video
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De The Vast of Night à Pinocchio, en passant par The Report, 7500 ou The Big Sick, le meilleur des films Prime Video en 2021.

Dans la guerre aux « originals » (ces films diffusés uniquement sur une plateforme de streaming), Amazon Prime Video a encore pas mal de chemin à faire par rapport à son principal concurrent. Pourtant la firme se retrousse les manches depuis quelques années et compte désormais un catalogue bien fourni de longs-métrages « maison » ou rachetés en exclusivité à leurs producteurs. Retour sur les 10 meilleurs films originaux Amazon Prime Video en 2021. À l’attention des puristes : nous prenons ici en compte les films sortis uniquement sur la plateforme en France, même s'ils ont été distribués au cinéma dans d'autres pays.

10. Pour L’Amour de Sylvie (Eugene Ashe, 2020)
Eugene Ashe rend hommage à l’âge d’or du cinéma romantique hollywoodien des années 50 et 60, celui de Douglas Sirk ou Jean Negulesco, à travers cette histoire d’amour riche en stop go entre la fille d’un disquaire qui se rêve en productrice télé et un jeune saxophoniste promis à une grande carrière, dans le New- York des années 50. A la fois délicieusement nostalgique et pleinement inscrit dans le 21ème siècle du Black Lives Matter (les rôles principaux de ce type de films hier uniquement réservés aux blancs sont tenus par des acteurs noirs), Sylvie’s Love assume son côté douceur sucrée sans perdre de vue un aspect ouvertement politique et sociétal.

Pour l'amour de Sylvie
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9. Borat 2 (Jason Woliner, 2020)
C’était écrit : Borat devait revenir un jour. Après tout, Ron Burgundy, le présentateur télé moustachu joué par Will Ferrell, a fait son come-back. Derek Zoolander a été ressuscité par Ben Stiller. Tous ceux qui avaient prophétisé le triomphe de l’"idiocratie" au temps de Bush Junior ont droit à un nouveau tour de piste. Avec, toujours, cette question en ligne de mire : quel impact la comédie peut-elle prétendre avoir quand le réel est devenu dingo ? Quand les mensonges débiles sont devenus la norme du discours politique ? Borat 2 prend la forme d’un road-movie très trash mais aussi assez tendre, une odyssée féministe au cœur de la misogynie trumpiste ordinaire, qu’on pourrait presque résumer par cette réplique géniale de la « fille » de Borat, Tutar : "My daddy is the smartest person in the whole flat world" ("Mon papa est la personne la plus intelligente de toute la terre plate"). Mais le voyage s’enlise dans la dernière ligne droite, quand arrive le climax, un canular politique énorme qui a tourné en boucle, à la sortie du film, sur les réseaux sociaux et les chaînes d’info. Une séquence en forme de parodie terminale de la politique-spectacle.

Borat 2
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8. One Night in Miami (Regina King, 2021)
One Night in Miami, le premier long-métrage de Regina King, est l’adaptation d’une pièce de Kemp Powers racontant la soirée réunissant Cassius Clay, Malcolm X, le footballeur superstar Jim Brown et le chanteur de soul Sam Cooke, dans une chambre d’hôtel de Miami, le 25 février 1964. Une rencontre au sommet qui a réellement eu lieu, mais dont les historiens ne savent pas grand-chose. Kemp Powers et Regina King la fantasment comme une nuit de bascule dans l’histoire afro-américaine, un moment-charnière dans la cristallisation intellectuelle du Black Power. L’idée est de regarder ces quatre légendes à hauteur d’homme, alors qu’ils sont à un tournant de leurs existences respectives, pour mieux mesurer l’impact réel qu’ont pu avoir sur leur vie leur engagement politique, leurs prises de parole, leur dimension iconique. L’approche est intéressante, et au fond assez touchante. Mais ces monstres sacrés méritaient des dialogues moins didactiques et une mise en scène plus flamboyante.

One Night in Miami Prime Video
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7. 7500 (Patrick Wollrath, 2020)
L’action débute dans un aéroport. Des caméras de surveillance suivent un passager passant les dispositifs de contrôle avant de monter dans l’Airbus s’apprêtant à décoller de Paris pour Berlin. Cette introduction de 3 minutes constitue une exception. Car l’heure et demie qui suit va se dérouler entièrement dans le cockpit de cet avion. Une expérience en immersion agitée puisque trois terroristes islamistes vont tenter de prendre le contrôle de l’appareil en cherchant à pénétrer dans le fameux poste de commande. 7500 s’inscrit dans un genre qui a vu en 2006 Paul Greengrass tuer le game avec Vol 93. De fait, il ne s’en dégage pas la même puissance étouffante. Pour autant, on ne décroche pas de 7500, qui fait monter la pression et gère habilement ses rebondissements, tout en utilisant le huis clos dans la cabine pour susciter un gros shoot d’angoisse. Une série B efficace sans être transcendante.

7500
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6. The Lie (Veena Sud, 2020)
Présenté pour la première fois au Festival de Toronto en 2018, The Lie avait disparu des écrans radars depuis. Ce remake du film allemand Monstres ordinaires (2015) met en scène Peter Sarsgaard et Mireille Enos, parents divorcés qui s’entendent mal et se partagent la garde de leur fille, Kayla (Joey King, notamment vue dans la série The Act). Mais cette dernière tue - par accident ? - sa meilleure amie, et l’ancien couple décide de cacher ce meurtre… Pourquoi Kayla semble-t-elle ne pas prendre conscience de la gravité des faits ? Un thriller psychologique plutôt habile, où la réalisatrice Veena Sud (showrunneuse de la version américaine de The Killing) habite l’espace de plus en plus inquiétant d’un pavillon de banlieue chic avec de longs plans-séquence, et des gros plans sur les visages torturés de Sarsgaard et Enos. Brillant, le duo insuffle une humanité remarquable aux personnages et porte le film sur ses épaules. Jusqu’à un twist particulièrement sadique dans les dernières minutes, qui transforme The Lie en une farce cruelle très réjouissante.

The Lie
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6. Get Duked! (Ninian Doff, 2020)
Trois ados attardés légèrement délinquants sur les bords et un premier de la classe souffre-douleur participent au « Duke of Edinburgh Award », un programme d’orientation qui se déroule au fin fond des Highlands. Ce qui devait être une promenade de santé un peu barbante devient un cauchemar quand un homme armé d’un fusil commence à les chasser… Get Duked ! est une satire menée à un rythme dingue, qui carbure aux gags absurdes et doit beaucoup à ses jeunes acteurs - quasi inconnus - au timing comique impeccable. Abyssalement con mais formidablement incarné.

Get Duked!
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5. The Report (Scott Z. Burns, 2019)
Réalisateur occasionnel et grand habitué des scénarios « inspirés d’une histoire vraie », qui mettent en lumière les combines peu glorieuses de l’Amérique (The Informant ! et The Laundromat de Steven Soderbergh), Scott Z. Burns revient derrière la caméra avec The Report, irrigué par la même obsession pour la vérité cachée. On y suit Daniel J. Jones (Adam Driver), chargé par la sénatrice démocrate Dianne Feinstein (Annette Bening, très en forme) de rédiger un rapport béton sur la réalité de la torture pratiquée par la CIA après le 11-Septembre. Enfermé dans un bureau en sous-sol quinze heures sur vingt-quatre, Jones recoupe les documents qu’on veut bien lui transmettre : notes, mails, rapports… Le dispositif du film se veut aussi simple que possible, les découvertes du personnage donnant lieu à des flashbacks parfois très graphiques dans les prisons secrètes américaines, et à des discussions surréalistes entre hauts fonctionnaires persuadés que la fin justifie les moyens. Une sorte de pendant bureaucratique à Zero Dark Thirty, qui réfléchit à la morale et à la façon dont s’écrit l’Histoire quand elle est gangrénée par les mensonges d’État. Un sacré travail d’archiviste, limpide dans sa narration. Ce qui tient du miracle, vu la complexité et la durée de l’enquête.

The Report
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4. The Personal history of David Copperfield (Armando Iannucci, 2019) 
Le créateur de Thick of it et réalisateur d’In the loop revisite le classique de Charles Dickens et lui redonne une seconde jeunesse en prenant le parti d’amplifier le côté absurde des situations tragiques vécues par le héros. Deux heures menées tambour battant sans mort pour un retour aux sources formidablement rocambolesques de l’œuvre originale. Le tout porté par un casting quatre étoiles : Dev Patel à son meilleur et de grands numéros signés Tilda Swinton, Peter Capaldi, Hugh Laurie ou encore Morfydd Clark.

Disponible le 26 janvier 2021

The Personal history of David Copperfield
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3. Pinocchio (Matteo Garrone, 2019)
Peinte de la monstruosité (physique ou psychologique, parfois les deux), Matteo Garrone était prédestiné à adapter le fameux conte de Carlo Collodi, dont il restitue la dimension tragique et miséreuse. Le maître Gepetto est un charpentier en haillons qui mendie son pain : Pinocchio, une créature naïve et orgueilleuse, à la dégaine un peu creepy, qui devra affronter mille dangers avant de réaliser ses erreurs. Garrone marie à merveille le réalisme pouilleux de l’Italie rurale du XIXe siècle et le sens du merveilleux intemporel de Collodi.

Pinocchio de Matteo Garrone
Le Pacte

2. The Big Sick (Michael Showalter, 2017)
Carton en salles aux États-Unis mais sorti sans tambour ni trompette chez nous, The Big Sick est une comédie romantique quasiment autobiographique, écrite par le couple Emily Vance et Kumail Nanjiani. On y découvre les premiers mois chaotiques de leur relation, entre un amour impossible, des parents immigrés voulant absolument marier Nanjiani (qui joue ici son propre rôle) à une Pakistanaise, et la mystérieuse maladie d’Emily (incarnée par Zoe Kazan). Un film drôle et déchirant, dont on peinerait à croire le scénario sans la caution « histoire vraie ».

The Big Sick
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1. The Vast of Night (Andrew Patterson, 2020)
Ça commence comme un pur teen movie, ça se poursuit avec un estival de tchatche qu’on croirait échappé d’un Woody Allen avant d’atteindre le coeur de son propos : un bijou de science-fiction sur fond d’une possible arrivée d’aliens, dans une petite ville américaine des 50’s. En dépit de son petit budget, Andrew Patterson va au bout de ses grandes ambitions pour un hommage vibrant à La Quatrième Dimension. Sans ployer sous le poids de cette référence écrasante grâce à l’inventivité de sa mise en scène et la qualité de ses jeunes interprètes, Sierra McCormick et Jake Horowitz.

The Vast of night
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