Péril en la demeure de Michel Deville
Gaumont/ Elefilms/ TF1 Films Productio

Le thriller trouble et troublant de Michel Deville est à l’honneur ce soir de Place au Cinéma, présenté par Dominique Besnehard sur France 5

Une adaptation de René Belletto

Péril en la demeure raconte le jeu mystérieux et cruel dans lequel va se retrouver piégé un professeur de guitare maladroit et naïf sur lequel la mère d’une de ses élèves va jeter son dévolu. Christophe Malavoy et Nicole Garcia incarnent ces deux personnages aux côtés notamment de Michel Piccoli, Anaïs Jeanneret, Richard Bohringer ou Anémone dans ce thriller trouble et troublant, adapté du roman de René Belletto, Sur la terre comme au ciel, publié en 1982, en insufflant quelques éléments de comédie au sein de ces passions vénéneuses. C’est la première fois que l’écrivain voyait une de ses œuvres transposées à l’écran. Il faudra attendre neuf ans et 1994 pour la seconde (et dernière à ce jour) : La Machine réalisée par François Dupeyron avec le trio Gérard Depardieu- Nathalie Baye- Didier Bourdon, une relecture du mythe de Docteur Jekyll et Mister Hyde

Un tournage volontairement resserré

Bien que produit par la Gaumont via celui qui était alors à sa tête, Daniel Toscan du Plantier, Michel Deville n’a pas pour autant failli à sa réputation de signer des films peu chers. Alors que le plan de travail était de 9 semaines, il a terminé avec une semaine d’avance. « C’est tellement excitant de gagner du temps ! » déclarait- il dans le numéro de février 1985 de Première. Une manière aussi sans doute de garder entière sa liberté

Un montage en un temps record

Chez Michel Deville, le montage commence dès… les prises de vue. Le cinéaste ne filme que ce que ce qui lui sera utile au final, grâce à un travail pointilleux de prédécoupage. Le cinéma de Michel Deville se joue bien en amont des plateaux et de la phase de post- production. Ce qui lui permet d’avoir une version quasi- définitive de son film… seulement 10 jours après le dernier tour de manivelle ! Vitesse ne rime cependant pas ici avec précipitation puisque le montage fluide et rythmé de Péril en la demeure, signé Raymonde Guyot, a été récompensé d’un César. Ce soir- là, au Palais des Congrès, Michel Deville s’imposa lui en meilleur réalisateur face à une forte concurrence : Claude Miller (L’Effrontée), Agnès Varda (Sans toit, ni loi), Luc Besson (Subway) et Coline Serreau (Trois hommes et un couffin).

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