Shadow & Bone
Netflix

Encore une aventure de fantasy épique dans un monde imaginaire. Mais cette Saga Grisha dévoile un univers riche, à la narration suffisamment complexe pour qu'on se prenne au jeu.

Après l'énorme carton de The Witcher fin 2019, plus grosse série de l'histoire de la plateforme à l'heure actuelle, Netflix a de la suite dans les idées. Le géant américain continue d'adapter à tour de bras les sagas littéraires de fantasy à succès. Dernière en date : Shadow and Bone, qui porte à l'écran les livres écrits par de Leigh Bardugo (depuis 2012) et dont la saison 1 sera mise en ligne ce vendredi sur la plateforme.

Nous voilà du côté de Ravka, une simili-Russie de fiction, coupée en deux par une gigantesque barrière de ténèbres, où d'horribles créatures dévorent tous ceux qui tentent la traversée. Cela fait des siècles que Ravka et ses Grishas, des êtres dotés de pouvoirs divers et variés, tentent de faire tomber ce mur sombre, tandis que les pays voisins n'ont de cesse de les attaquer, craignant leurs dons génétiquement divins. C'est alors que l'élue tant espérée fait son apparition...


Encore une fois, il est question d'un monde fantastique en guerre, de combattants dotés de pouvoirs spéciaux, d'ethnies qui se détestent et ont peur de ce qu'elles ne connaissent pas, comme autant de miroirs au racisme et à la xénophobie qui ont cours dans nos sociétés... Shadow and Bone puise ses références un peu partout, et mixe plusieurs rengaines déjà largement chantées dans la pop culture depuis un demi-siècle. On sent l'influence des X-Men ici et là, mais surtout beaucoup celle d'Avatar, le dernier maître de l'air, notamment sur le plan visuel.

Certes, tout cela a déjà été vu et raconté, mais il faut reconnaître que le showrunner, Eric Heisserer - scénariste de l'excellent Premier Contact de Denis Villeneuve et du hit Netflix Bird Box - apporte sa touche avec beaucoup d'intelligence. Il a su tirer le meilleur parti de l'oeuvre d'origine, en n'hésitant pas à dessiner un vaste monde, qu'il prend le temps de poser sur la table, avec ces clans de l'ouest, cette peuplade du Nord, cette ethnie du sud, gravitant autour de cette cette ancestrale société de l'est,  tous reliés par un passé foisonnant, qu'on prend plaisir à explorer. 

Shadow & Bone
Netflix

Cela vous rappelle un certain Game of Thrones ? C'est normal ! La Saga Grisha lorgne du côté de Westeros et si elle n'atteint pas encore ce chef d'oeuvre de narration que furent les premières saisons du drama HBO, il faut bien reconnaître qu'elle s'avance, sans rougir, comme un successeur plus qu'honorable.

Sans chercher à en coller systématiquement plein les mirettes, Eric Heisserer parvient à mettre en place un univers de fantasy à la géo-politique complexe, qui rejoue avec malice les conflits est / ouest de notre monde à nous. Un décorum riche, esthétiquement somptueux (les costumes, les décors, les effets sont impresionnants) aux connotations soviétiques rafraîchissantes, pas toujours simple à appréhender et c'est aussi ce qui fait son charme. Tout n'est pas pré-mâché. Shadow and Bone gagne à être découverte, d'autant que les 8 épisodes de cette première saison ne perdent jamais en rythme. Emmenée avec brio par un nouveau visage, celui de la jeune Jessie Mei Li, qui crève l'écran, cette nouvelle série fantastique sera sans aucun doute le prochain très gros carton de Netflix. Car comme Game of Thrones avant elle, elle saura enchanter au-delà des amateurs du genre.