DR

Bambi, Le Roi Lion, Le Monde de Nemo, La Petite Sirène, Tarzan, Dragons... Les films d'animation sont remplis d'accidents violents et... de meurtres. Qu'ils soient proches du héros du côté des méchants, les personnages de films pour enfants finissent régulièrement dévorés, tués par balle, attaqués par des animaux sauvages ou poignardés. On se souvient tous d'images choc des Disney de notre enfance, et plus récemment des Pixar, Dreamworks ou Blue Sky. Une recherche anglophone vient de démontrer que les films d'animation étaient bel et bien remplis de scènes violentes. Le British Medical Journal analyse ainsi que les personnages principaux des dessins animés ont 2,5 fois plus de chances de mourir au cours de l'histoire que ceux d'un film pour adultes. Les parents sont les principales victimes de cette hécatombe : il y a cinq fois plus de père ou de mère tués au cours de l'intrigue d'un long-métrage destiné aux enfants.Des morts à la pelle depuis près de 80 ansPour obtenir des chiffres précis, les chercheurs ont mis d'un côté les plus grands succès de l'animation depuis 1937 (date de sortie de Blanche-Neige et les 7 Nains, où la sorcière a droit à une fin particulièrement atroce). Ils ont seulement retiré les films ayant pour héros des voitures et des robots, jugeant qu'il était plus difficile pour les spectateurs de s'identifier à ce type de personnages. Puis ils ont choisi pour comparer les deux plus gros succès de ces mêmes années classés dans la catégorie "drame" par IMDb. Ce qui permet d'y trouver des films aussi divers que Pulp Fiction, L'exorcisme d'Emily Rose ou Black Swan.Une fois les deux listes de films établies, ils ont compté le nombre de morts en général, puis classé ces décès (héros, parent du héros, ennemi du héros...). Ont aussi été comptabilisés les accident violents. C'est ainsi qu'ils ont découvert qu'au moins un personnage principal mourrait au cours dans les 2/3 des films d'animation, contre seulement la moitié des drames. Parfois, la mort choquante arrive très tôt : durant les 5 premières minutes du film pour Nemo et Tarzan. Notons par ailleurs que les disparitions non montrées à l'écran ne sont pas comptées, même si elles sont très nombreuses : beaucoup de personnages de films pour enfants sont orphelins ou ont perdu un parent enfant, avant le début de l'intrigue : Aladdin, Arthur dans Merlin l'Enchanteur, Cendrillon...Des images choc, mais bénéfiquesL'étude souligne que ces décès violents n'auront pas forcément d'impact négatif sur le développement des enfants. Au contraire, ils les aide à appréhender les questions existentielles liées à la mort, "si le sujet est traité de manière appropriée". Surtout quand les plus jeunes regardent les dessins animés en question en boucle et enregistrent le mécanisme du deuil. Les chercheurs saluent d'ailleurs la construction du Roi Lion, qui illustre "la complexité du deuil" avec pédagogie. Le jeune Simba, qui est d'abord est ravagé par la mort de son père, apprend petit à petit à l'accepter. Leur ultime conseil ? Que les parents regardent ces dessins animés auprès de leurs enfants, afin de pouvoir les réconforter émotionnellement et répondre à leurs questions sur le sujet, souvent difficile à aborder, de la mort.