The Truman Show de Peter Weir
Paramount

Invité dans le cadre du Festival de la Cinémathèque à Paris, le cinéaste australien assume son statut de retraité.

Panama sur la tête, teint hâlé, sourire large comme son impressionnante filmographie, clope dans une main, verre de vin rouge dans l’autre, Peter Weir, 80 ans en août, était jusqu’à dimanche dernier en goguette à Paris dans le cadre du Festival de la Cinémathèque Française (ex Toute la mémoire du monde).

Le cinéaste australien y a généreusement présenté une partie de son œuvre : sa trilogie originelle (Les voitures qui ont mangé Paris, Pique-nique à Hanging Rock et La dernière vague), quelques hits hollywoodiens (Witness, Le cercle des poètes disparus, The Truman Show), une curiosité (Etat second) et un chef d’œuvre maritime (Master and Commander). Le dernier long de Weir date de 2011, Les chemins de la liberté. Depuis, rien. Nada. Alors forcément, après avoir déroulé son prestigieux passé, nous nous sommes souciés du présent.

Peter Weir
La Cinémathèque Française - Thierry STEFANOPOULOS

"J’ai travaillé sur plusieurs projets, un en particulier qui n’a jamais réussi à se monter, un peu comme un patient comateux qu’un médecin cherche en vain à redonner vie. Je l’ai porté jusqu’en 2020. Il s’agissait pourtant d’un film indépendant pas un Marvel que produisent à la chaîne les gros studios hollywoodiens. Mais même sur ce terrain-là, je ne faisais plus le poids. C’était un film de cinéma, pas un truc pour la télé ou les plateformes… A un moment, j’ai décidé de tout laisser tomber et, tel un joueur de poker, de quitter la table !"

"Russell Crowe et Johnny Depp l'ont brisé!"

Il y a quatre ans, Ethan Hawke, révélé grâce à Weir dans Le cercle des poètes disparus, expliquait à un journaliste d'IndieWire à propos du cinéaste australien : "Je pense qu’il a perdu tout intérêt pour les films. Il aimait vraiment ce travail quand il n’avait pas d’acteurs qui lui donnaient du fil à retordre. Russell Crowe et Johnny Depp l’ont brisé." Hawke faisait sûrement référence au tournage dantesque de Master et Commander avec Russell Crowe et à son projet non abouti d’adaptation du roman Shantaram avec Johnny Depp.

A la Cinémathèque, l’intéressé a surtout expliqué "n’avoir plus l’énergie pour se lancer dans un long métrage" et assure adorer sa retraite dans sa maison de Sydney. Tant mieux pour lui. Tant pis pour nous.