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Darren Michaels
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PHOTOS - Angelina Jolie, Jeanne Moreau, Drew Barrymore... quand les stars passent derrière la caméra

Drew Barrymore

<strong>La star</strong> : héritière d'une lignée prestigieuse de comédiens, <strong>Drew Barrymore</strong> fut d'abord la gamine d'ET, avant de sombrer dans les enfers des tabloids. Depuis quelques années, elle est revenue sur le devant de la piste et s'affirme comme une actrice essentielle (Terrain d'entente, Charlie's angels...). Productrice avisée, il était presque logique qu'elle passe derrière la caméra... pagebreak <strong>La réalisatrice :</strong> pour Bliss, son premier film, <strong>Drew Barrymore</strong> dévoile un vrai talent dans l'alignement de vignettes girly. Derrière la coming of age story sur fond de patin à roulettes, on voit donc des filles au bar, des filles qui se crèpent le chignon et des filles qui pleurent ou se marrent. <em>Bliss</em> est le meilleur chick movie apparue depuis un bail. BO parfaite, casting impeccable, sens de l'hystérie et de la vitesse et capacité à dessiner des personnages secondaires en deux plans... Ca roule pour Drew. pagebreak&nbsp;

Jodie Foster

<strong>La Star&nbsp;:</strong> abonnée aux personnages torturés (l?ado de Taxi Driver, la femme bafouée des Accusés, l?apprentie flic du Silence des agneaux ou l'arnaqueuse de Maverick...), cette actrice découverte&nbsp;dans une pub pour crème à bronzée à l?âge de 3 ans naissait vraiment à l'écran sous les traits d'une ado droguée et pute chez Scorsese. Enfant prodige, elle devient vite comédienne surdouée à la filmo chaotique. Bosseuse, pro, secrète. pagebreak <strong>La réalisatrice&nbsp;: </strong>du Petit homme au Complexe du castor en passant par Week end en famille, Foster cinéaste met en scène dans ses trois films la solitude et l'exclusion, la dépression et l'isolement. Une manière d'exorciser ce qui la travaille depuis sa jeunesse ? Quand on lui demandait pourquoi elle filme, elle répondait&nbsp;: «quand on est acteur et que l'on aime bien contrôler les situations, le passage derrière une caméra devient inéluctable ». C'est tout ? pagebreak&nbsp;

Jeanne Moreau

&nbsp;<strong>La star&nbsp;:</strong> A 19 ans, après le Conservatoire, elle fait ses débuts à la Comédie Française. Mais sa rencontre avec Louis Malle pour Ascenseur pour l?échafaud en 1957 est déterminante. Un an plus tard, ce sont Les Amants (Lion d?Or à Venise) et un chapelet de génies qui vont la fasciner, être fascinés et la façonner. Malle donc, Truffaut, Welles, Bunuel, Antonioni. &nbsp;pagebreak&nbsp;<strong>La réalisatrice&nbsp;:</strong> En 75, elle décide d?échapper à l'imaginaire des autres. Elle se lance donc dans l?écriture et la réalisation de Lumières. Orson Welles lui conseillait de le faire si « l'envie l'empêchait de dormir ». D'autres étaient plus réticents, comme Truffaut qui lui renvoie le scénario entièrement annoté. « Il en avait fait son film confia-t-elle. En général, ils avaient cette tendresse particulière qu'ont les réalisateurs pour les femmes actrices et dont j'ai énormément bénéficié. Et puis soudain la créature se transforme, présente des aspérités ». Les aspérités&nbsp;? Un premier film donc, aussi personnel (voire autobiographique) qu'un premier roman. Le film regarde quatre actrices évoquer leurs parcours sentimental et professionnel, leurs carrières et leur rapport à la Lumière... subtile, ouaté, parfois maladroit, mais sincère, Lumière est un drôle d'objet qui sera suivi quelques années plus tard par L'adolescente, qui décrit selon la réalisatrice "le passage périlleux de l?enfance à la féminité, le moment où le langage des adultes devient clair au lieu de paraître codé...". L?action se déroule à la veille de la seconde guerre mondiale, montrant le passage où le monde occidental bascule, et marquant la fin de l?enfance dans cette chronique intimiste dont les touches impressionnistes évoquent l?univers de Renoir.&nbsp;pagebreak<strong>>>> VOIR L'INTERVIEW DE JEANNE MOREAU REALISATRICE</strong>

Lillian Gish

La Star&nbsp;: la plus grande actrice du muet. Découverte par Mary Pickford, Gish est la créature du cinéaste D.W. Griffith qui lui donnera ses plus grands rôles (Intolérance, Le Lys Brisé et Les 2 orphelines). Icône du cinéma hollywoodien, elle devient l?actrice la plus puissante des 20?s. Lorsqu?elle signe avec la Warner, son contrat stipule qu?elle peut choisir les réalisateurs des films qu?elle tourne. C?est elle qui imposera King Vidor pour La Bohème ou bien Victor Sjöström&nbsp;pour The Scarlett Letter. L'égérie de Griffith n'a pas cessé de tourner avec le parlant même si ses apparitions se sont raréfiées. Elles sont pourtant inoubliables (Le Portrait de Jennie, La Nuit du chasseur, Le Vent de la plaine...) pagebreak <strong>La réalisatrice&nbsp;:</strong> En 1920, elle dirige son seul film, <em>Remodeling her husband</em> perdu, invisible et sans doute sublime. Produit et réalisé par Lillian Gish, co-écrit avec Dorothy Parker, centré autour de Dorothy Gish, le film ressemble à un des plus grands films de femmes jamais conçu. En 1987, la cinéaste confiait à Libération&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi j?ai filmé&nbsp;? En vérité je pensais que c?était le meilleur moyen de montrer aux spectateurs les talents de ma s?ur, Dorothy. C?était elle la plus douée de la famille&nbsp;: elle savait faire rire ou pleurer mieux que personne. Et j?avais l?impression que je saurais la diriger et la mettre en valeur mieux qu?on ne l?avait fait auparavant. Nous avons donc écrit un petit scénario toutes les deux et ensuite M Griffith m?a laissé toute seule dans son nouveau studio. C?est comme ça que j?ai débuté dans la mise en scène avec ce qui devait être mon seul film comme réalisatrice. Comme le studio n?était pas encore fini, qu?on était en novembre/décembre et qu?il faisait atrocement froid je me rappelle que pour une scène d?amour entre Dorothy et son partenaire, James Rennie, on avait l?impression qu?ils se soufflaient de la fumée en plein visage au lieu de se dire des mots tendres ou de s?embrasser. C?était tellement ridicule que nous avons du refaire tous les gros plans dans un autre studio? Quand Monsieur Griffith est rentré, je lui ai demandé «&nbsp;Mais pourquoi l?avez-vous laissé toute seule dans ce studio même pas terminé&nbsp;?&nbsp;» et je lui ai raconté l?anecdote de la scène d?amour. Et M. Griffith m?a répondu&nbsp;: «&nbsp;je ne suis pas un imbécile, je savais parfaitement que les ouvriers allaient bien mieux travailler pour une fille que pour moi&nbsp;! Si j?avais voulu ce studio fini à temps, jamais ils ne l?auraient fait? »&nbsp;(?) Le résultat a été si bon qu?ils en ont fait un long métrage. Cela n?a pas suffi à me convaincre de poursuivre ma carrière de réalisatrice. A cette époque un metteur en scène devait tout faire&nbsp;: construire ses propres décors, être responsable de tout, absolument tout? c?était vraiment trop pour moi. Je préférais être un simple rouage dans un film en étant actrice. » pagebreak&nbsp; ?

Ida Lupino

<strong>La star&nbsp;: </strong>Actrice chérie des metteurs en scène 40's qui aiment les <em>tough guys</em>, elle joue pour Walsh, <strong>&nbsp;</strong><strong><strong>Nicholas Ray</strong></strong>, <strong><strong>Robert Aldrich</strong></strong> et <strong><strong>Fritz Lang</strong></strong>. Elle était capable d'incarner les salopes (Une femme dangereuse de <strong><strong>Raoul Walsh</strong></strong>) aussi bien que les braves filles (dans The Man I Love, encore de <strong><strong>Raoul Walsh</strong></strong>). Elle savait tenir tête à <strong><strong>Humphrey Bogart</strong></strong> (High Sierra toujours de <strong><strong>Raoul Walsh</strong></strong>) ou interpréter une aveugle, dont la douceur et la compréhension permettait la rédemption de <strong><strong>Robert Ryan</strong></strong> (La maison dans l'ombre de <strong><strong>Nicholas Ray</strong></strong>). On la surnomma la <strong><strong>Bette Davis</strong></strong> du pauvre sauf que elle, elle réalisa une poignées de chef d'oeuvre...&nbsp;pagebreak&nbsp;<strong>La réalisatrice&nbsp;: </strong>Elle écrivit le scénario de Avant de t'aimer et c'est Elmer Clifton, vétéran de la série B, qui devait le tourner. Mais Clifton est victime d'une crise cardiaque et Lupino doit le remplacer. L'histoire classique (une jeune fille est séduite puis délaissée par un homme volage) ne l'empêche pas de signer un drôle de film, un mélo à la beauté étrange et sensuelle.... Elle ne s'arrête pas là : elle aborde la bigamie, l'exploitation des jeunes, les séquelles d'un viol (Outrage, génial), mais ne sombre jamais dans le moralisme béat. La raison ? Un sens de la mise en scène et son expérience d?actrice chez les meilleurs réalisateurs, d'où elle tire tire une science du découpage et de l'effet pour livrer sa vision personnelle du monde. Après quatre films sur les femmes, elle signe Le Voyage de La peur, premier film noir réalisé par une femme, bijou de tension et de psychologie qui annonce <strong>Don Siegel</strong> (elle lui écrira d'ailleurs le scénario de Allo Brigade Spéciale). pagebreak&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;?

Angelina Jolie

<strong>La star&nbsp;:</strong> <strong>Angelina Jolie</strong> fut tout. Icône rebelle (son mariage avec <strong>Tommy Miller</strong>), féminine, glamour (tendance Vuitton), engagée (tendance HCR de l?ONU), parfumée. Actrice c?est pareil&nbsp;: elle fait le mannequin, apparaît dans des clips (Rolling Stones, <strong>Lenny Kravitz</strong>?), se lance dans le cinéma de bas étage (Cyborg 2, Hackers) avant de passer à des rôles plus engageants. Ce sera dans du blockbuster bourrin, des films imposants (et épais - voir <em>L'Echange</em>) ou auteurisant (<em>Un C?ur invaincu</em>).&nbsp;pagebreak<strong>La réalisatrice&nbsp;:</strong> Pour son premier film, <strong>Angelina Jolie</strong> se confronte au conflit Yougoslave et signe un film tenu, sensible et complexe; un mélo engagé très digne. Une réussite. Dans le dernier numéro de Premiere, elle se confie : "J?avais presque 17?ans lorsque les combats ont éclaté, en 1992. J?appartiens à la génération qui a été marquée par ce conflit. En me rendant dans la région il y a plusieurs années, j?ai eu honte de constater que je savais finalement très peu de choses sur ce qui s?était passé. J?ai commencé à me documenter et, plus j?en apprenais, plus j?étais choquée, notamment par l?immobilisme des autres pays, qui ont longtemps refusé de s?interposer dans les affrontements. Il fallait que je raconte cette histoire de telle manière qu?à aucun moment le spectateur ne puisse penser qu?elle se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec mon chef opérateur et tout le reste de l?équipe, nous avons travaillé de manière très précise sur les couleurs, les costumes, la musique, pour rappeler aux gens qui verront le film à quel point ces événements sont récents. (...) Je n?avais jamais ressenti le désir de passer à la mise en scène auparavant. Dans un premier temps, je voulais surtout écrire ce scénario, comme un devoir à la maison que je me serais imposé après avoir pris conscience de mon ignorance. Il fallait que ça sorte. Après l?avoir terminé, je l?ai montré à Brad, qui l?a aimé et m?a encouragée à aller plus loin. Nous avons alors décidé de l?envoyer à plusieurs personnes ayant été parties prenantes dans cette guerre en retirant mon nom du script. S?ils l?avaient trouvé ne serait-ce qu?un peu déplacé ou douteux, on l?aurait mis à la poubelle sans réfléchir. Ils avaient des remarques à faire, bien sûr, mais leurs réactions ont été très positives. À ce moment-là, on s?est rendu compte qu?on ne trouverait probablement jamais le financement nécessaire pour monter le film... Et j?en suis devenue la réalisatrice par défaut, en quelque sorte. (Rire.) Je n?étais pas la plus qualifiée techniquement, mais je savais que j?allais faire de mon mieux en l?abordant avec les connaissances et le respect nécessaires. Cela dit, j?ai toujours du mal à croire que j?ai réalisé un film".pagebreak&nbsp;?

Sondra Locke

La star&nbsp;: une comédienne blonde et délicate, connue pour ses rôles frêles dans les westerns violents de son pygmalion, Clint Eastwood. pagebreakLa réalisatrice&nbsp;: Après Rat Boy, rien de passionnant. N'empêche : avec son premier film, Locke signait une embardée dans le fantastique social étrange et envoutante. Sa vision du cinéma américain, souvent « trop travaillé, manquant de vrais personnages, impersonnel jusqu'à l'impolitesse », explique peut-être la raison de cet OVNI qui raconte l'histoire d?une femme qui trouve un «rat-boy», tente de le vendre à Hollywood, avant de comprendre qu'un enfant-rat est un enfant comme les autres. Comme dans Elephant Man - auquel on pense beaucoup - Rat Boy reste constamment irréaliste. Emotion au premier degré (comme les grands mélos hollywoodiens), héritage évident du Freaks de Browning, balèze en sentiments et en émotion. <em>RatBoy</em> est un one shot vraiment impressionnant qui prouve que Sondra Locke n'était pas que Madame Eastwood...pagebreak&nbsp;

Angelina Jolie passe derrière la caméra

Au cas où vous auriez passé trois mois dans une cave, Au pays du sang et du miel marque le passage d'<strong>Angelina Jolie</strong> derrière la caméra. La star glam', l'icone hollywoodienne signe avec ce film un mélo naturaliste sur fond de conflit yougoslave. Un tournant dans sa carrière ? En tout cas, un joli rebond. Mais Angie n'est pas la première star à devenir réalisatrice. Avant elle, <strong>Lillian Gish</strong>, <strong>Ida Lupino</strong> ou <strong>Jeanne Moreau</strong> avaient décidé de s'effacer pour mettre en scène leur vision du monde. Revue de détails de ces femmes qui, un jour, quittent la lumière pour passer derrière l'oeilleton.

Au cas où vous auriez passé trois mois dans une cave, Au pays du sang et du miel marque le passage d'Angelina Jolie derrière la caméra. La star glam', l'icone hollywoodienne signe avec ce film un mélo naturaliste sur fond de conflit yougoslave. Un tournant dans sa carrière ? En tout cas, un joli rebond. Mais Angie n'est pas la première star à devenir réalisatrice. Avant elle, Lillian Gish, Ida Lupino ou Jeanne Moreau avaient décidé de s'effacer pour mettre en scène leur vision du monde. Revue de détails de ces femmes qui, un jour, quittent la lumière pour passer derrière l'oeilleton.