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True Detective S2E6 - Review : coûteuses partouzes et couteaux papillon

Attention, spoilers.Peut-on encore faire quelque chose pour le spectateur de True Detective saison 2 ?C'est trop tard. A trois épisodes de la fin de la saison 2 de True Detective, le mal est déjà fait et les médias US publient des papiers intitulés par exemple "Pourquoi on continue à regarder True Detective", en martelant le terme de hate watch. Traduction : on a beau détester, on regarde quand même. Il y en a même pour balancer des théories fumeuses - en fait toute la saison était juste un rêve de Bezzerides, suggère Entertainment Weekly à cause du climax de l'épisode, une partouze chic un peu eyeswideshutienne. On préfère le résumé lapidaire de Tom Goodman dans The Hollywood Reporter : "Quand tu balances une partouze, c'est vraiment que tu es à court d'idées". Bien noté.Autant vous le dire tout de suite : cet épisode ne nous a pas procuré le moindre plaisir. Pourtant, il est réalisé par Miguel Sapochnik, à qui l'on doit le débile mais réjouissant Repo Men (trip de SF bien gore avec Jude Law en chasseur d'organes) et qui s'achevait par un fight au couteau un peu cool. En voyant une scène où Bezzerides s'entraîne au combat au couteau et en se rappelant Repo Men, on se disait qu'on aurait eu enfin droit à la démonstration des talents de Rachel McAdams au schlass. Un peu loupé : si effectivement Antigone prend la place de sa sœur pour infiltrer la partouze de luxe des puissants de la ville de Vinci et se retrouve à jouer du couteau, la scène sera placée sous le signe de la défonce puisque sous l'effet d'un spray de MDMA notre héroïne se tapera un vilain trip et se rappellera un souvenir de sa jeunesse qu'on ne déflorera pas pour laisser aux courageux la joie de le découvrir.Avant ça, c'est la routine de la médiocrité. Une scène amusante où Velcoro tente de prendre soin de son gamin tout en étant surveillé par l'assistance sociale est ensuite désamorcée par la scène de biture la plus tarte vue depuis longtemps : avec un montage bien haché, Colin Farrell se met une grosse mine à base de coke, whisky, bière et tabac, le tout au son de Human Being des New York Dolls (il met lui-même le CD dans le lecteur). A ce sujet, l'utilisation de cette chanson montre bien la subtilité de l'écriture de Pizzolatto sur cette saison 2 puisque les paroles de la chanson sont par exemple "Go ahead now/Try to find a boy" ou bien "Now what you need is/A plastic doll with a fresh coat of paint/Who's gonna sit through the madness/And always acts so quaint". C'est carrément grossier, comme toute la saison jusqu'à présent.Pendant ce temps, Frank (Vince Vaughn) mène son enquête plus efficacement que les poulets (notons que Velcoro et Woodrugh tentent une infiltration ninja pour secourir Antigone dans la partouze) mais se retrouve in fine dans une impasse, face au mur, un peu coincé. On pourrait encore faire un parallèle avec la situation du spectateur, mais chaque semaine ça commence à bien faire, les métaphores. Plus que deux épisodes. Le suspense très soutenable.Sylvestre Picard