La fleur du mal : Un Chabrol plan-plan [critique]
Carlotta Films

Sorti en 2003, ce drame familial revient ce soir sur Arte, avec Nathalie Baye, Benoît Magimel, Bernard Le Coq...

La fleur du mal, film de Claude Chabrol réunissant notamment Nathalie Baye, Mélanie Doutey, Suzanne Flon, Benoît Magimel et Bernard Le Coq, est sorti au cinéma en 2003. Il reviendra ce soir sur Arte, avant que la chaîne ne propose un documentaire sur le cinéaste décédé en 2010, dimanche, en deuxième partie de soirée (notez qu'il est déjà visible sur la page YouTube de la chaîne).

A sa sortie, Première avait été un peu déçu par ce drame familial, que Sophie Grassin présentait dans sa critique comme "un Chabrol plan-plan" par rapport à d'autres oeuvres grinçantes sur les moeurs de ses contemporains, dont il s'était fait une spécialité. Le film est cependant loin d'être complètement raté, et vaut le coup d'oeil ne serait-ce que pour son casting 5 étoiles et sa thématique du double, souvent développée par le cinéaste.

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L'histoire de La Fleur du mal :

Voici un extrait de la critique de Première : Beaucoup de films de Chabrol mettent en scène des doubles: Micheline et Michèle endossent ici des variantes du même prénom et du même destin. François se détermine loin du double négatif que lui renvoie son père. La Fleur du mal prend sa source pendant l’Occupation, période favorite du cinéaste (Le Sang des autres, Une affaire de femme, L’OEil de Vichy) et montre une famille bourgeoise digne des Atrides – on s’y embrasse pour mieux s’étouffer ou étouffer toute mobilité sociale –, un présent perpétuel, des culpabilités qui se reproduisent à l’identique. Ayant la particularité de partir de ses personnages plutôt que de ses intrigues, Chabrol croque un ignominieux (Le Coq) comme toujours pourvu d’une belle vitalité, et une Marie-Chantal en tournée électorale dans les HLM de la France d’en bas, prétexte à des dialogues savoureusement cyniques. Mais le reste – l’amour des jeunes gens et la faute non expiée de tante Line – se traîne à la façon d’une tortue arthritique ou d’une soirée électorale télévisée. Ou bien n’est carrément pas traité, sinon lors d’un brusque dénouement. Comme si, à force de vouloir brouiller les pistes, Chabrol finissait au fond par n’en filer aucune.

Bande-annonce :

Claude Chabrol : Portrait critique d’une bourgeoisie française